Jeu de lettres, 2020, papiers.

Art, un bloc, sonne comme une exclamation. Elle m’a frappée, j’ai embarquée dans un manège, une petite cabine. Je suis rentrée dans des écoles, j’ai étudié, joué, jonglé, dépassé, j’ai beaucoup regardé, attendu, fait des aller et retour entre la rue et les œuvres, cadré, voyagé dans les musées d’Europe,

la nuit les trains, le jour les œuvres,

aventurière,

faire des liens, questionner, essayer, percevoir, écrire, réfléchir, labeur, plaisir, frustration, peur, énigme, dialogue, veine,

et me suis inscrite dans une histoire de l’art, précipice. Bordée par mon espace intime au travers d’une psychanalyse, l’art jaillira par petites touches. Ces expériences esthétiques me constituent un espace d’existence, de compréhension de l’humain, en dehors des normes, condition de ma propre survie.

Famille, 2019,  jeux de 7 famille, collage sur papier.

  

Les couleurs, les formes bougeaient devant moi et devenaient œuvres, scintillement, rebond, divan, j’amplifie mes gestes artistiques, le trait unaire.

Energie, 2019, huile sur toile.

L’œil, les mains, le corps en mouvement, j’apprends à me situer. Je trimballe une valise, qui me conduit sur des chemins intrépides, ouverte mais recluse.

Intervention de l’arÊTE au Rallye du Dédé, Besançon, 2018, photo de Néna Nedeljkovic.

Je joue et me plie pour ne pas laisser apparaître mon expérience grandissante, mon appétit d’ogresse, mon énergie débordante, mon expertise naissante, Je me transforme en une masse informe, la masse des possibles.

Masse des possiblesr, 1999, cave du Mûrier, Ensba

Je m’installe en souterrain, pour puiser l’histoire, pour saisir la racine des choses. Après avoir confronté l’art au monde des lieux d’accueil, je ne pouvais pas éclore dans la cour décorée du Mûrier, ni au Palais vitré ou dans l’atelier du Maître.

Esquisse du bar, 1999, cave du Mûrier, Ensba..                                          Elisabeth Gerl,1999, cave du Mûrier, Ensba..

A la limite d la folie, à la frange de la pédagogie, je déployais l’art dans des formes et des matières singulières.

La gaine, 2002, Fondation Icar.

Astiquant et nourrissant une vision éloignée entre poétique et politique, nourrie du séminaire de Jean-François Chevrier, j’invente en permanence à un, à deux ou à plusieurs.

Faire œuvre, c’est concentrer toute mon énergie en un point précis, jusqu’à ce que la forme se cristallise. Je découvre ces nœuds, j’apprends à vivre. L’art est un compagnon, Les œuvres figent une énergie, qui reste disponible pour le regardeur. De l’énergie, du flux, des désirs surgissent des lignes qui se lient et se délient, se répondent, espace vivant. Ce n’est pas la représentation qui m’occupe, mais la manière d’habiter profondément la matière. C’est très précis. Comment y être.

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